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John & Chaser

John & Chaser

Chaser, le chien qui comprends 1000 mots.

L’histoire d’une chienne exceptionnelle, d’un homme extraordinaire et d’un livre fabuleux.

Un livre incontournable pour tous ceux qui « vivent » avec des chiens : Chaser le chien qui comprends 1000 mots.

Une source d’enseignements intarissable.

Pour tous ceux qui partagent leur quotidien avec des chiens mais aussi pour les professionnels les plus férus, le Professeur John Pilley nous fournit des techniques de travail exceptionnelles.

Il nous explique les techniques d’éducation qu’il a lui-même utilisées au quotidien dès l’arrivée du chiot, Chaser, mais aussi les procédures d’apprentissage et de contrôle mises en œuvre pour la publication de son étude scientifique.

Le Professeur John Pilley :

Homme de science, John Pilley est aussi « un homme de chiens ». Il a partagé sa vie avec de nombreux chiens (Fluffy, Bimbo, Grindle, Yasha, Blue, Timber…).

Professeur en Psychologie, passionné de dressage canin, d’éducation canine, il l’est aussi et surtout des principes de l’apprentissage qu’il enseignait à l’université (Wofford College (USA). et expérimentait avec ses propres chiens successifs, ainsi qu’avec des rats, des pigeons et autres y compris des humains.

John Pilley avec Chaser.

La rencontre avec Chaser.

Avant d’acquérir Chaser, le Pr Pilley vivait avec Yasha, un Berger Allemand croisé Border Collie. Yasha bénéficiait officiellement du statut « d’assistant de recherches » à l’université, et à ce titre il avait le droit de circuler en toute liberté dans le campus du Wofford College.

Après que Yasha fut emporté par la vieillesse et la maladie, c’est Timber qui s’en est allé à la fin de l’année 2002.

Pour la première fois en 47 ans, la famille Pilley se retrouvait sans chien. John Pilley, désemparé, très affecté par le départ de Timber, ne se résolvait pas à prendre un nouveau compagnon. Sally, son épouse, prit la décision pour lui :

« John Pilley tu vas avoir un Border Collie pour Noel, je ne tolèrerais aucune discussion, l’affaire est close… »

En décembre 2004, le Pr Pilley fait l’acquisition de son nouveau chiot, un Border Collie qu’il appellera Chaser : compagnon de vie et d’étude, Chaser sera une révolution pour John Pilley, pour nous et notre vision des capacités cognitives des chiens.

Dans le même temps, il prend connaissance d‘une étude publiée dans la prestigieuse revue américaine Science : Word Learning in a Domestic Dog: evidencefor“FastMapping” avec un Border Collie dénommé Rico.

 

Le projet ''RICO''.

Raisonnement par déduction!!!

Cette étude visait à démontrer que Rico, Border Collie, était capable de mémoriser 200 noms d’objets différents et de raisonner par déduction en « Fast Mapping* » (voir vidéo ci-dessous).

La perspective du Pr Paul Bloom.

Un spécialiste en psychologie expérimentale, le Pr Paul Bloom, émettait des réserves quant aux facultés de Rico à comprendre réellement le sens des mots (chaque nom d’objet), indépendamment de l’action consistant à rapporter l’objet en question : Perspective – Can a Dog Learn a Word? Department of Psychology, Yale University.

Concernant le raisonnement par déduction en « Fast Mapping », le Pr Paul Bloom relevait que les protocoles de l’étude dite Rico, ne permettaient pas de valider scientifiquement la performance.

  • Rico, avait peut-être, simplement une préférence pour la nouveauté. ?

Peut-être que le chien ne faisait que rapporter le dernier objet introduit dans le groupe des objets déjà connus, sans avoir besoin de procéder à aucun processus de raisonnement, en l’occurrence ici, un raisonnement par déduction ?

Apporte la chaussette???

Selon Bloom, Rico apprend les noms des objets uniquement en les associant à l’action qui consiste à les rapporter.

Alors que les enfants, lorsqu’ils apprennent un mot tel que « chaussette », ils ne l’interprètent pas comme « apporter la chaussette » ou « aller vers la chaussette ».

De Rico à Chaser – Une étude revisitée.

Pilley trouvait les critiques de Bloom très pertinentes, et elles constituèrent une source d’inspiration pour revisiter l’étude de Rico avec Chaser. Il était curieux de savoir si Chaser serait capable de relever ce défi.

Il envisagea alors de réaliser une nouvelle étude sur le même thème, en vue de répondre aux questions pour lesquelles le Pr Bloom ne trouvait pas de réponses concrètes, dans l’étude de Rico.

A l’âge de 79 ans, le Pr Pilley disposait de temps, du savoir-faire et d’une toute jeune chienne qui ne demandait qu’à « libérer son génie canin », mais il ne se sentait pas à la hauteur pour mener à bien tous les aspects protocolaires d’un tel projet scientifique.

Parmi ses inquiétudes, le Pr Pilley évoque comme exemple, deux, des pièges que craignent généralement les chercheurs :

  1. Le chercheur identifie un effet qui n’a pas vraiment eu lieu.
  2. Le chercheur n’identifie pas un effet significatif qui a pourtant bien eu lieu.

Quelques éléments et questionnements de la perspective du Pr Bloom :

  • Rico, peut-il apprendre un mot pour quelque chose d’autre qu’un objet à « rapporter » ?
  • Peut-il apprendre un mot en dehors du contexte de l’activité du « rapport d’objets » ?
  • Peut-il suivre une instruction de ne pas rapporter un objet, comme on peut dire à un enfant de ne pas toucher quelque chose ?
  • Rico apprend un mot uniquement si on lui désigne l’objet, alors que l’enfant peut apprendre un mot simplement en écoutant sans que personne ne cherche à leurs l’enseigner.
  • Dans les expériences, les capacités de Rico sont limitées à des routines spécifiques (entendez conditionnements).
  • Même si les procédures des expériences permettent d’écarter l’effet Clever Hans*, c’est toujours le propriétaire de Rico qui communique avec lui.

Bloom conclue en disant : «Il est encore trop tôt pour abandonner l’idée que les bébés apprennent des mots et les chiens, non».

*Clever Hans : Un cheval qui semblait avoir maîtrisé l’arithmétique mais qui répondait en fait à des indices subtils de son propriétaire voire de l’auditoire.

La rencontre du quatrième type.

C’est alors qu’un spécialiste de l’analyse quantitative du comportement animal lui proposa son aide.

Un ami de la famille Pilley, le Pr Alliston Reid ( President of the society for the Quantitative Analyses of Behavior ), était le partenaire idéal pour l’aider dans la mise en place des statistiques nécessaires à la réalisation d’une publication irréprochable.

Ensemble ils se lancèrent dans le projet de revisiter l’étude de Rico sous un nouvel angle, avec des protocoles plus draconiens pour éviter le même type d’objections que reçut l’étude de Rico.

Les 3 compères (John, Chaser and Reid) s’attelèrent à travailler sur le projet, mais leur étude peinait à trouver un éditeur, jusqu’au jour où ils firent la rencontre d’un professeur en psychologie qui possédait son propre laboratoire de « cognition canine* », le Professeur Clive Wynne (Editeur en chef du journal « Behavioral Process », directeur de recherches au Wolf Park, et professeur de psychologie à Arizona State University).

Le Professeur Clive Wynne fut très impressionné par les performances de Chaser, à tel point qu’il déclara :

« S’il y avait un « truc » derrière tout ça, ce serait presque plus impressionnant ».

Il leurs proposa alors d’analyser leurs travaux en vue de publier leur étude. Puis suite à quelques explicitations complémentaires demandées par son comité de lecture, le fruit du travail de l’équipe « John, Chaser and Reid » fut enfin publié le 6 janvier 2010 dans la revue « Behavioral Process ».

*Cognition canine : Concernant la cognition canine voici l’adresse d’une bonne crèmerie Canadienne pour nous les Francophones – Résumés et critiques objectives de recherches publiées dans le domaine de la cognition canine (à partager sans modération pour toutes les populations Francophones) : https://caninecognitionlab.wordpress.com/about/

John Pilley & Chaser

Chaser connaît 1000 mots en anglais. Et vous, combien en connaissez-vous ?

Résumé des conclusions de l’étude du Pr Pilley.

Quatre expériences ont été réalisées pour analyser les aptitudes cognitives de Chaser à acquérir des compétences linguistiques réceptives*.

  1. L’expérience 1 : Démontre que Chaser a appris et retenu, sur une période de formation intensive de 3 années, les noms propres de 1022 objets.
  2. L’expérience 2 : En appariant des combinaisons de trois commandes et trois noms présentés au hasard, elle a démontré qu’elle comprenait les significations distinctes de noms propres et les actions demandées.
    Chaser a compris que les noms se réfèrent à des objets, indépendamment du comportement dirigé vers ces objets.
  3. L’expérience 3 : A démontré la capacité de Chaser à apprendre trois noms communs – des mots qui représentent des catégories d’objets (Jouets, Balles, Frisbees).
  4. L’expérience 4 : A démontré la capacité de Chaser à apprendre et mémoriser des mots par déduction – inférer le nom d’un objet en fonction de sa nouveauté parmi les objets familiers qui avaient déjà des noms (voir vidéo : Rico  raisonnement par déduction).

                               *Réceptives : Les langues sont généralement enseignées et évaluées selon «quatre compétences» :
écouter, parler, lire et écrire. L’écoute et la lecture font partie des compétences «réceptives», l’expression orale et l’écrit sont des compétences «productives».

A paraître bientôt :

Analyse technique de l’expérience Chaser.

Analyse et comparatif technique :

  • Des méthodes et procédures de travail utilisées par le Pr John Pilley pour son étude scientifique avec Chaser.
  • Des méthodes et principes théoriques mis en place pour l’éducation au quotidien de Chaser.

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