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Chien médecine

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Un chien guéri d’une myopathie : espoir pour l’homme ?

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Le professeur Yan Cherel (à droite) a mis au point, avec Karl Rouger, une thérapie qui semble efficace chez le golden retriever.

Modeste, Yan Cherel s’interdit tout enthousiasme excessif. Pourtant, ce chercheur nantais de l’Inra (Institut de recherche agronomique) vient de marquer un point décisif dans la bataille contre la dystrophie musculaire de Duchenne. Héréditaire, c’est la plus répandue des myopathies de l’enfant (maladie dégénérative du muscle).

Depuis le début de l’année, le traitement, que son équipe applique à cinq chiens golden retriever, à l’École vétérinaire de Nantes, a donné des résultats spectaculaires. Il ouvre la porte à un nouveau champ thérapeutique pour l’homme. Des recherches financées grâce au Téléthon.

Le golden retriever peut, lui aussi, être atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne. Exclusivement masculine, cette grave maladie génétique touche environ trois garçons sur 10 000, en France. Elle provoque un déficit dans l’expression de la dystrophine. Sans cette protéine, les fibres musculaires se dégradent, coeur compris. De graves pertes de mobilité interviennent dès 12 ans. La mort survient généralement avant 20 ans.

Yan Cherel avait initialement dirigé ses recherches sur le muscle. Cette spécialité l’a rapproché de Philippe Moullier. Directeur de l’unité Inserm sur les vecteurs viraux, à l’hôpital de Nantes, et directeur scientifique du Généthon d’Évry, il parle d’un « pas considérable ».

La méthode consiste à prélever des cellules souches sur le muscle d’un chien sain, pour obtenir de la dystrophine. La protéine est ensuite réinjectée dans l’ensemble du tissu musculaire du chien malade, par voie artérielle. L’apport de dystrophine, même partiel, inverse le processus de dégradation. Problème : la dystrophine est trop volumineuse pour être portée par des vecteurs viraux. C’est donc une forme réduite qui est utilisée.

Une année de recul

« Une réparation totale n’est pas nécessaire, on obtient un résultat satisfaisant en intervenant sur 25 % du tissu musculaire. » En fait, le malade reste affecté par une forme très atténuée de la maladie. Les résultats ont été rapides. Depuis plusieurs mois, les chiens traités gambadent.

« Injecter des cellules revient à faire une greffe. Nous devons vérifier les questions immunitaires, la persistance du traitement et son innocuité pour les autres organes. Nous n’avons qu’une année de recul. » Avant de passer à la phase clinique, sur les humains, « il faudra encore quatre à cinq années de travail ».

Source : http://www.ouest-france.fr